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Des Comédiens du Monde s'Unissent pour la Paix

 

Le projet Lysistrata, qui connaissait son original aboutissement le 3 mars dans 59 pays du monde, réveillera-t-il enfin la fibre militante dormante des éternels défaitistes?

Opposant à l'escalade des hostilités américano-irakiennes une massive mobilisation de nature culturelle, l'événement aura peut-être redonné voix au chapitre à ceux et celles qui se sentent comme des gouttes d'eau dans l'océan.

Par la seule magie du courriel et du bouche-à-oreille (bref, sans recours à des stratégies de marketing coûteuses ni à des blitz publicitaires agressifs), les deux instigatrices du projet, les comédiennes new-yorkaises Kathryn Blume et Sharron Bower, ont mis en branle un mouvement de solidarité planétaire. Après les marcheurs, qui ont envahi les rues le 15 février, les spectateurs ont rempli théâtres, centres culturels, amphithéâtres d'universités, cafés, etc.

Kathryn Blume travaillait à une adaptation de la comédie ancienne Lysistrata, écrite par le poète comique athénien Aristophane en l'an 411 avant Jésus-Christ. Elle décida d'en organiser une lecture publique pour répondre à l'appel de l'organisation Théâtres contre la guerre.

Sharron Bower s'est tout de suite montrée intéressée par le projet. Les deux femmes ont créé un site Web puis envoyé des courriels à tous les gens qu'elles connaissaient pour les informer de leurs intentions.

Au Théâtre du Nouveau Monde (TNM), sous la direction de Lorraine Pintal, plus de 35 artistes (dont Isabelle Blais, Anne-Marie Cadieux, Pierre Curzi, Gabriel Gascon, Nathalie Gascon, Pierre Lebeau, Brigitte Paquette, Huguette Oligny, Jean-Louis Roux, Henri Chassé, Monique Spaziani, Janine Sutto et Marie Tifo) ont lu hier soir l'adaptation signée Michel Tremblay et André Brassard. Tous ces artistes répondaient (bénévolement, comme tous les employés du TNM) à l'appel d'Isabelle Cyr, instigatrice québécoise du projet.

La pièce met au premier plan des femmes de deux villes ennemies (Athènes et Sparte) qui, encouragées par la belle Lysistrata, décident d'imposer la paix en faisant la grève du sexe. Elle a été présentée, dans la version Tremblay/Brassard, au Théâtre du Nouveau Monde il y a quelques lustres.

La première avait lieu le 11 septembre 1969. Le comédien Jean-Louis Roux, alors directeur artistique du TNM, s'en souvient très bien. «Le message de la pièce est toujours valable, encore plus aujourd'hui», disait-il hier, avant de monter sur scène.

Selon M. Roux, une bonne dose de diplomatie pourrait résorber le conflit irakien. «J'ai toujours été un militant convaincu pour la paix. Les guerres peuvent toujours être évitées, note-t-il. Je suis persuadé qu'il existe toujours un moyen de négocier.»

Pour les comédiens Henri Chassé et Pierre Curzi, participer à cette lecture publique allait de soi. «Ça fait partie de notre métier. C'est ça notre métier, s'exprimer devant les gens. Là, on s'exprime sur quelque chose qui nous tient à coeur, puis on le fait avec nos moyens, un moyen qui s'appelle le théâtre. C'est un geste de plus qui s'additionne, même s'il est modeste», explique Pierre Curzi, le président de l'Union des artistes (UdA).

Et chaque geste public, si simple et minime soit-il, compte. Rien n'est négligeable. «Il arrive souvent que des positions changent en raison de certaines pressions. S'il n'y avait rien eu, il ne se serait donc rien passé», remarque Henri Chassé, qui aime le côté spontané des manifestations culturelles d'hier.

Le message antiguerre livré hier parviendra-t-il aux autorités? «Pas agir, c'est certain qu'il n'arrivera rien. En agissant, on prend un risque que ça puisse influencer», souligne Pierre Curzi.

«Je trouve que la planète est tellement petite et je ne peux pas croire que la guerre est la solution. C'est trop restreint comme pensée, dit la comédienne Brigitte Paquette. Je suis certaine qu'il y a d'autres solutions à trouver et si la guerre éclate, c'est faux de s'imaginer que ça ne nous retombera jamais dessus. Les gouvernements doivent absolument écouter ce que les gens ont à dire.»

Participer ou non aux manifestations publiques, la question ne se pose pas pour la comédienne Nathalie Gascon. «C'est important pour chaque citoyen de s'en occuper. La guerre, ce n'est pas quelque chose qui est virtuel, c'est bien réel.

En Irak, il va tomber des bombes sur des gens. On essaie de nous faire croire de toutes les manières possibles que la guerre est l'unique solution. Il y a beaucoup plus d'enjeux géopolitiques, dont on ne parle pas», rappelle-t-elle.

Selon le site officiel du Lysistrata Project, plus de 1004 lectures ont eu lieu dans 59 pays, de Patras, en Grèce, à Karachi, au Pakistan, en passant par Mindanao aux Philippines. Le Québec a également fait sa part, avec 10 lectures, dont huit à Montréal seulement.

Le Optative Theatrical Laboratories a choisi une formule «agit-prop» en s'exécutant devant le consulat des États-Unis, en après-midi, puis à la salle D.B. Clark de l'Université Concordia en soirée. «La mission de la compagnie est de mettre au défi les patterns de pensée hégémonique et les comportements oppressifs», expliquait le fondateur George Mougias, qui prépare son coup depuis la mi-janvier.

Les lieux de haut savoir sont entrés dans la danse: l'Université McGill, le collège Lionel-Groulx, le collège Édouard-Montpetit et le collège Dawson montaient tous leur lecture de Lysistrata. Les cafés aussi: le Café Sarajevo à Montréal, le Café Ici au Saguenay et le Cabaret de la dernière chance à Rouyn-Noranda.

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