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Himmich Brosse le Portrait du Personnage d'Ibn Rochd

L'écrivain marocain Bensalem Himmich a tenté de brosser le portrait du "personnage romanesque" d'Ibn Rochd (Averroès, 6e siècle de l'Hégire), philosophe, théologien, astronome, mathématicien et médecin dans le cadre d'un projet de roman historique à l'instar de ses deux précédents livres, 'Al Allama' (l'Erudit) consacré aux 20 dernières années de la vie du penseur arabe Ibn Khaldoun (Prix Naguib Mahfoud 2002) et "Le fou du pouvoir" sur la vie du calife Al Hakem Bi-Amri Allah (10ème siècle).

Dans une communication présentée lors de la 4e rencontre sur la création romancière arabe, organisée récemment au Caire (17- 20 février), Bensalem Himmich a affirmé qu'à l'origine, il s'est interrogé si Ibn Rochd pourrait servir de personnage romanesque, la raison étant qu'il s'agit d'un cas difficile.

Bensalem Himmich pense que contrairement aux autres figures marquantes de la culture arabo-musulmane, comme le mystique Al-Ghazali ou le philosophe et médecin Avicenne, Ibn Rochd n'a pas légué de traces, écrites notamment, recelant d'éléments biographiques de nature à approfondir la compréhension de l'homme et du penseur qu'il était, hormis de rares indices contenus dans des ouvrages d'histoire qui, une fois réunis, pourraient donner un aperçu de sa personnalité.

Travailler sur la personnalité d'Ibn Rochd n'est pas chose aisée, a-t-il fait remarquer, en raison de la rareté de la matière, de l'austérité du personnage et de la sévérité de ses propos concernant certaines questions, telle que la poésie qu'il considérait comme rédhibitoire et dévergondée, même s'il lui arrivait de citer dans quelques uns de ses écrits des fragments poétiques "vertueux", notamment du grand poète Abou Tayeb El Moutanabi.

Pour Himmich, la personnalité d'Ibn Rochd suscite l'intérêt du romancier en raison de son rejet de l'imaginaire, de son aversion pour les instruments à percussion, comme le tambour et la timbale et son hostilité au soufisme dont il stigmatisait les adeptes.

Une autre facette de la personnalité d'Ibn Rochd qui suscite aussi l'intérêt du romancier est son sens de la répartie, car s'il était timide en présence d'autres personnes, il avait la "férocité du lion" dans ses diatribes contre ses adversaires, car il s'est disputé avec toutes les entités intellectuelles, notamment les théologiens dont la plupart étaient considérés par lui comme hypocrites et les péripatéticiens qu'il accusait d'avoir dénaturé les propos de leur maître Aristote.

Himmich a également rappelé une autre caractéristique de la vie d'Ibn Roch qu'est la rareté de ses déplacements, puisque son parcours s'est limité à trois villes : Cordoue, Séville et Marrakech. En effet, le penseur n'a jamais été en pèlerinage, ni en voyage vers une autre destination.

Nonobstant ces obstacles entravant la connaissance de la personnalité d'Ibn Rochd, il existe des périodes ou des étapes de sa vie qui incitent le romancier à forcer l'imaginaire pour façonner un personnage historique, a affirmé M. Himmich, en regrettant la perte de nombreux ouvrages d'Ibn Rochd.
Le point de départ de toute entreprise œuvre romanesque sur Ibn Roch devra cadrer le contexte de son époque, une époque médiévale sur les plans de la mentalité, la sensibilité et de la religion, a-t-il dit en rappelant que sa spiritualité fusionnait avec la raison.

Les espaces où il a évolué sont Cordoue, sa ville natale, puis Marrakech où le vice-sultan almoravide Abou Yacoub Youssef lui avait commandé une exégèse de la pensée d'Aristote, puis à Séville et le village Luciana qui a été son lieu d' exil.

Evoquant les personnalités dynamiques qui devront meubler l'espace d'un roman sur Ibn Rochd, Himmich a cité deux de ses amis, Ibn Tofail qui l'avait présenté au sultan almohade Al Mansour Abi Yacoub Youssouf et Abou Marwane Ibn Zohr, puis son collègue Abou Bakr Ibn Zohr (le père) et son disciple Abou Bakr Ibn Mandour ainsi que Mohieddine Ibn Arabi.

Autres personnalités actives dans cet espace, sur le plan politique, Himmich a cité Abdelmoumen l'Almohade et particulièrement Abou Yacoub Youssouf, qu'il considère comme le véritable fondateur de l'Etat almohade qui, comme l'avait dit Ibn Rochd "m'a poussé à expliquer Aristote", outre les grandes personnalités décédés comme Platon, Aristote, Avicenne, Al Farabi, Al Kindi et El Ghazali .

Himmich a également évoqué l'exploitation dans ce projet de roman de certaines questions d'ordre philosophique, en affirmant que le projet doit aussi mettre en valeur la grande soif de savoir qui caractérisait Ibn Rochd ainsi que sa prédilection pour la pensée d'Aristote.

Himmich s'est interrogé si ce contexte pourrait aider le romancier à concevoir Ibn Rochd, l'être humain évoluant dans son environnement familial en usant "d'un goût raffiné et approprié".

Il a toutefois fait remarquer que vu qu'il s'agit d'un penseur, le roman sera inévitablement marqué par une saveur philosophique avec une tentation de l'harmoniser avec les particularités de la construction narrative.

Il convient de rappeler qu'une centaine de romanciers et d'hommes de lettres arabes, dont des Marocains, ont participé à ce 4ème Forum de la création romanesque arabe initié par le conseil supérieur de la culture d'Egypte.

Le Maroc a été représenté aux travaux du forum, par Bensalem Himmich, Mohamed Berrada, Mobarak Rabii, Mohamed Tod et Abderrahim Allam.

Avec MAP
21/02/2008

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