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CHEBCHOUBA n'est Plus  

Ce Mercredi 9 Aôut 2006 vient de s'éteindre le doux regard de Fatima CHEBCHOUB noyée à la plage de Skhirate.

Professeur Universitaire, elle devait se rendre à PHILADELPHIA (USA), où elle réside 6 mois par an, pour y soutenir une thèse de Doctorat d'État portant sur la Halka dans le théâtre marocain. 

Cinéaste et comédienne de théâtre, elle venait de terminer un court métrage "EL KABLA" (10 minutes), il s'agit d'une profonde analyse sur la confrontation: Médecine traditionnelle face à la Médecine scientifique.

Le Producteur est Mustapha MELLOUK Président de "MEDIACOM", qui s'était proposait pour faire ce Court Métrage.

Le Film commence avec le magnifique regard innocent d'une petite fille, qui court à en perdre haleine en pleine campagne pour aller chercher la sage femme pour que sa maman accouche, cette dernière souffre depuis déjà trois jours et deux nuits, le mari, lui, part à la recherche d'un médecin femme (la tradition respecte le tabou: l'homme médecin est toujours ignoré en campagne).

c'est alors une attente douloureuse aussi bien pour la femme qui attend d'accoucher que le reste de la famille et de son entourage, la torture morale et physique est très intense pour les deux et la trame est absolument époustouflante d'angoisse et de suspens, la délivrance se fait grâce à l'infirmière savante qui  reste tout de même à cheval entre les deux médecines. Le trajet filmique est très escarpé et bénéficie d'une maestria technique absolument professionnelle.

Fatima CHEBCHOUB à l'aube de sa mort préparait un Documentaire sur L'impériale Ville OCRE, MARRAKECH, qui s'intitule "LA HALKA". C'est l'histoire de deux filles qui existent et qui animent la Célèbre Place JEMAA AL FNA, pour gagner leur vie.

Durant sa courte vie Fatima CHEBCHOUB s'est toujours investi contre la discrimination, en général des femmes, pratiquement toutes ses oeuvres: poésies, scénarios, documentaires ne s'articulent que sur ce fléau social qu'est l'asservissement et le harcèlement des femmes, l'intervention de CHEBCHOUBA, comme l'appellent ses amis et elle même, ne fait appel qu'aux réflexes et aux aptitudes de tout un chacun parmi nous sur l'éveil des consciences, la perception des êtres et de l'espace humain et civique vis-a-vis de la Femme, toutes disciplines ou Statuts confondus.

Parmi le périple historique de sa vie à travers l'image elle écrit encore le scénario(TV) d'un long métrage sur le Viol d'une Jeune femme mariée: "TAMZA" ou la "JUSTICIÈRE", qu'elle avait proposé aux 2 Chaînes Nationales... et dont la réponse reste lettre morte.

Pour CHEBCHOUBA, l'image est un espace partagé non seulement de tous les messages mais surtout du dialogue entre les civilisations, les générations et leurs époques, le 7ème Art est un patrimoine qu'il faut non seulement sauvegardé mais aussi RESTAURE.

Son regard fiévreux d'artiste, parfois incomprise, ne demandait qu'une seule chose: La reconnaissance d'un Travail acharné en faveur et pour la mise en valeur de la culture qui est un vecteur d'évolution par excellence de toutes les civilisations.

Il serait inconcevable effectivement que la grande famille du 7ème Art et du Théâtre mette le mot ''THE END" sur le remarquable travail de CHEBCHOUBA, lequel travail reste le message d'une expression universelle, dont l'ambition était d'assouvir sa curiosité et la notre, insatisfaite sur la façon de vivre, de rêver, de pleurer et de rire de notre Société.

Durant toute sa vie, Fatima CHEBCHOUB s'est surtout attelée à conjurer tout les démons pour regarder l'avenir à travers le prisme, la créativité et l'imaginaire... sa vie certes fut courte mais richement illustrée. Pour elle le cinéma c'est avant tout de l'émotion, l'important c'est de comprendre le monde qui vous entoure, ce n'est pas celui d'être démonstratif et exhibitionniste ou de raisonner, mais plutôt celui de sentir et d'observer les comportements, même pas de reproduire la réalité, mais d'en créer une, éventuellement onirique, et de mettre en pratique de façon convaincante ses Oeuvres en provoquant surtout de l'EMOTION.

De l'émotion du ton et du style. Voilà ce que le regard de CHEBCHOUBA nous lègue d'outre-tombe, elle fut très entourée, elle se sentait très seule, mais un revers de médaille aujourd'hui fait que sa vie n'a jamais était un désert. Bien au contraire, tous ses travaux livrent ses réactions épidermiques, elle disait tout haut ce que tout le monde pense tout bas sans jamais avoir la prétention de recenser les impressions et les commentaires, mais beaucoup plus pour alimenter la réflexion et le débat intelligent censé et juste.

Ce n'est pas un Adieu CHEBCHOUBA qu'on lui fait mais un Au Revoir. Le 7ème Art qu'elle a tant vénéré l'IMMORTALISERA à son tour.

Zohra WOLLTCHEVA
10/08/2006

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