Maghrebarts Home

 


  News

Cinéma
Théâtre
Musique
 Médias
Arts Plastiques

Photo & Arts Visuels

 

Livres
News

Agenda
Création
Festivals
Dossiers
Liens

 

abonnement newsletter

Envoyez un email sans changer le sujet
 

annoncer vos activités

s.adil@maghrebarts.ma
 
insérer une publicité

adv@maghrebarts.ma

 

Marrakech: Musée en Péril !

 

A Marrakech, on n’en revient pas que les choses aient pu aller si vite…Comment du jour au lendemain, l’existence de ce Musée de Marrakech devenu l’un des hauts lieux de la culture dans la ville, au cœur de son quartier le plus ancien et le plus emblématique, peut-être brusquement remise en question; ses choix, sa programmation, l’équipe qui a veillé pendant des années à asseoir sa crédibilité et sa notoriété à l’échelle nationale, décriés, et le plus grave, sa directrice sommée de quitter les lieux…

Certes, Omar Benjelloun, le mécène, le passionné de culture, n’est plus. Et l’on ne peut que regretter amèrement la disparition de celui dont la Fondation qui porte le même nom a su tant donné à la ville, la dotant non seulement d’une institution capable de promouvoir une programmation culturelle exigeante, digne d’un véritable musée, mais aussi de veiller à la préservation de deux de ses plus prestigieux monuments: la médersa Ben Youssef et la koubba almoravide.

Tous les marrakchis, tous les visiteurs nombreux du Musée de Marrakech, vous le diront: la plus belle trouvaille d’Omar Benjelloun, celle qui concrétisa ses rêves au niveau de la ville, leur conférant le cadre professionnel et l’exigence artistique qu’ils se devaient d’avoir, c’est Sakina Rharib. Passionnée, dévouée au delà de toute mesure, cette jeune femme promue directrice du Musée de Marrakech, à l’heure où pour beaucoup d’entre nous, ce n’était encore qu’un caprice de mécène, su lui conférer, en quelques années, l’éclat et la place qu’il occupe aujourd’hui.

Face aux périls qui menacent le Musée depuis quelques jours, face à l’éviction sans ménagement de sa directrice, on ne peut que s’interroger sur la pérennité des Fondations au Maroc et sur leur devenir qui semblent étroitement liés au sort des individus qui les ont crées. Faut-il que la disparition des mécènes entraîne inéluctablement avec elle la remise en question des projets parfois déterminants dont ils étaient les instigateurs? Le cadre juridique dans lequel s’inscrivent leurs actions est-il si aléatoire qu’il autorise tous les revirements, tous les reniements après leur mort? Est-il concevable dans un pays comme le nôtre, que ce mécénat qui vient si heureusement seconder l’action de l’Etat et du Ministère de la Culture, ne puisse bénéficier d’un cadre juridique qui le protège de toute action intempestive menaçant sa pérennité à moyen ou long terme?

Vers quelles instances aujourd’hui se tourner pour obtenir la garantie que cette institution vitale pour la vie culturelle du Maroc subsiste? Vers quelles instances se tourner pour que sa directrice, dont les qualités professionnelles reconnues de tous nous semblent injustement mises en cause, soit rétablie dans ses droits et ses fonctions?

A Marrakech, c’est à de telles questions que les intellectuels de tout bord, les passionnés de culture, cherchent, anxieusement, impatiemment des réponses, depuis des jours…

Ouidad Tebbaa
Université Cadi Ayyad- Marrakech

Voir egalement:
Sauvons le Musée de Marrakech

 

 


 


© 2001 - Maghrebarts.ma
info@maghrebarts.ma
BP 2523 RP 10 000 Rabat - Maroc