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14/11/2007

 

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Origines Contrôlées: Les ex-Zebda Questionnent l'Identité Nationale

 

"Ce sont des chansons de France", dit Mouss, ex-membre de Zebda, au sujet des "chansons de l'immigration algérienne" qu'il fait revivre avec son frère Hakim dans l'album "Origines contrôlées", et qui soulèvent la question très actuelle de l'identité nationale.

"Origines contrôlées" contient treize chansons écrites entre les années 40 et 80 par des Algériens immigrés en France, dont Dahmane El Harrachi, Mohamed Mazouni, Slimane Azem, Aït Menguellet ou Matoub Lounès. Elles mêlent trois langues, arabe, kabyle et français.

"Elles ont été écrites en France par des immigrés et montrent que l'immigration a une dimension culturelle réelle, qui joue son rôle dans l'identité française", explique à l'AFP Mouss Amokrane.

"Ces chansons sont la trace de cette histoire-là, écrite en temps et en heure par ceux qui l'ont faite, ajoute-t-il. Affectivement, c'est très important pour nous car c'est le répertoire de nos parents, et politiquement, on trouve ça passionnant: ça nous renvoie à une réflexion sur notre identité, une identité en mouvement".

Cet album, nommé d'après un festival organisé à Toulouse, la ville des frères Amokrane, a en partie été motivé par "un contexte politique particulier": "C'est une façon d'entrer de plain pied dans ce qui n'a été qu'un simili débat".

"Il y a une manipulation politique du thème de l'immigration, juge Mouss. Avec +Origines contrôlées+, le festival comme l'album, on parle d'une empreinte culturelle, et tout à coup, c'est l'empreinte génétique qu'ils nous mettent à la figure. On ne pensait pas qu'ils iraient aussi loin".

"Cette vision stigmatisante, de clivage, est dangereuse: quand le gouvernement émet l'idée qu'une partie de la population pourrait être soumise à des tests ADN alors que ce serait éthiquement impossible à imaginer pour un Français, c'est du racisme de base", assène-t-il.

"Pour nous, la famille est culturelle, pas génétique. On n'est pas dans une logique de droit du sang, poursuit-il. En posant cette question de l'identité, de l'appartenance, on est bien plus républicain que celui qui va stigmatiser et dire: +Pour être français, il faut avoir un béret et une baguette+".

Certaines des chansons laissent entrevoir un sentiment ambivalent inspiré à leurs auteurs par leur pays d'adoption et leur pays d'origine.

C'est le cas de "La carte de résidence" de Slimane Azem qui, bien qu'écrite dans les années 60, est toujours très signifiante puisqu'elle évoque la question des papiers.

"Même s'il parle de la souffrance des immigrés, des contrôles, il y a une vraie affection, un attachement réel et une proximité presque familiale avec la France quand il dit: +C'est vraiment dommage/Le racisme et le chômage/Heureusement qu'il y a des sages/C'est le prestige de la France/C'est la raison d'espérance", souligne Mouss.

Au sein de Zebda ou des Motivé-e-s, lui et son frère ont toujours mêlé musique et militantisme: "On veut le faire d'une manière pas dogmatique ni idéologique, c'est pour ça que c'est fabuleux, la culture".

"Origines contrôlées" a été enregistré avec sept musiciens, dont l'accordéoniste Lionel Suarez, qui accompagne Jean Rochefort sur scène dans sa pièce "Entre autres" au Théâtre de la Madeleine.

Mouss et Hakim présenteront ces chansons lundi à Paris (New Morning), puis à Strasbourg (24 novembre), Vienne (1er décembre), Saintes (7) et Nantes (8), avant une tournée en 2008.

 

 
 

 


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