Maghrebarts Home

 


  Médias

Cinéma
Théâtre
Musique
 Médias
Arts Plastiques

Photo & Arts Visuels

News
Agenda
Création
Festivals
Dossiers
Liens

   

abonnement newsletter

Envoyez un email sans changer le sujet
 

annoncer vos activités

s.adil@maghrebarts.ma
 
insérer une publicité

adv@maghrebarts.ma

Ajouter Maghrebarts.ma à vos sites préférés

 

Diffusion et Audience des Médias Audiovisuels

 

A l’origine, c’est un travail de recherche de thèse de doctorat d’Etat qui s’articule en trois volets.

Dans une première partie, l’auteur se propose de décrire le cadre organisationnel dans lequel s’opère la réception des différents médias audiovisuels au Maroc; le cinéma, la radio, la télévision, la vidéo et la publicité, en fonction du degré d’intervention de chacun d’entre eux dans le champ socio-économique.

La seconde partie est consacrée à l’analyse des audiences, sur la base d’une enquête qui nous permet d’étudier la diffusion des médias audiovisuels, les pratiques sociales liées à leur réception et l’influence des nouveaux médias de diffusion (satellite).

La troisième, plus synthétique, traite de la problématique audiovisuelle.
1. Les Structures
Dans la première partie, l’auteur dans le détail les institutions et les mécanismes qui régissent le cinéma, la radio, la télévision, la réception des chaînes nationales et étrangères transnationales de même que le phénomène de la vidéo et la publicité.

Si, institutionnellement, le champ du cinéma est régulé par le Centre Cinématographique marocain, socio-économiquement, les instances de la grande distribution-exploitation constituent la pierre angulaire de toute l’économie du cinéma au Maroc, et par voie de conséquence, de tout le processus marquant en profondeur les rapports socio-culturels à partir d’une position de contrôle des mécanismes régissant le cinématographique dans notre pays. C’est autour de la question relative à la production que se cristallise la problématique du cinéma au Maroc. L’approche de la production met en évidence l’ensemble des freins qui constituent, à différents niveaux, des blocages pour une véritable émergence du cinéma marocain.

L’auteur souligne d’une part, l’évolution de la radio qui s’est faite à partir des années 50 a permis au Maroc de recouvrer le contrôle de ses ondes. L’émergence de Radio Méditerranée International incarne la première dérogation au monopole, s’affirme comme une radio bilingue ambitionnant une audience transfrontière, alors que Radio FM augure l’avenir des stations régionales qui seront amenées à jouer davantage la carte de la proximité.

D’autre part, l’auteur consacre un chapitre des plus intéressants sur l’intervention de la télévision qui connaît une des évolutions les plus intéressantes au Maroc, avec l’élargissement de l’espace télévisuel, à partir de 1984 et l’avènement de la 2M, en mars 1989. L’évolution de la télévision a supposé la réception de chaînes étrangères qui ont concouru à briser le monopole de la première chaîne. L’avènement de la seconde chaîne marque un tournant décisif dans le champ de l’audiovisuel au Maroc.

Le cinéma et la télévision semblent émerger dans leur relation conflictuelle comme deux entités distinctes au niveau de l’espace audiovisuel, alors que la vidéo fonctionne comme pratique de loisir à domicile tributaire des deux premiers médias. La vidéo apportera des bouleversements spectaculaires, instaurant dans les années 80 une nouvelle pratique de consommation audiovisuelle dans un système médiatique figé. Les changements opérés récemment procèdent à une redistribution des rôles de chaque media, conforte incontestablement la position de la télévision, tout en reléguant au second rang le cinéma. La radio continue à assurer une fonction complémentaire, alors que la vidéo, fortement ébranlée par le fait télévisuel, se trouve marginalisée.

Par ailleurs, le secteur de la publicité qui se développe progressivement marque le champ médiatique marocain et particulièrement le rapport presse/télévision. L’étude de ce media au niveau des audiences révèle tout le paradoxe qui traverse le champ publicitaire et résume en fait les contradictions propres au secteur de l’audiovisuel, traversé par des problèmes spécifiques à la production, à la création et à la créativité.


2. Les Audiences
La seconde partie de l’ouvrage est réservée à l’audience des principaux médias audiovisuels au Maroc et la façon dont elle varie selon les caractéristiques des programmes et de la population.

Pour le cinéma, l’auteur entame l'étude des habitudes de fréquentation, des perceptions et des attitudes du grand public vis-à-vis du cinéma en se prononçant sur les préférences relatives aux genres, aux films par origine, les facteurs qui déterminent la programmation et le choix des films projetés dans les salles de cinéma. La partie consacrée à la radio cherche à fournir une description de l’équipement des ménages en postes radio, des habitudes d’audience, durée moyenne d’écoute des différentes stations, lieux et contextes d’audience, profil des auditeurs selon leurs comportements d’écoute, préférences pour les stations et les émissions proposées par les différentes stations de radio.

Le volet télévision étudie l’équipement des ménages en téléviseurs, décodeurs, antennes paraboliques, magnétoscopes, les habitudes et les contextes d’audience de la télévision, les attitudes des téléspectateurs vis-à-vis de la télévision et de ses différentes chaînes (TVM, 2M et mbc, TV5 et d’autres).

Enfin, pour le public vidéophile, le livre commence par la délimitation délimite des choix et la description des habitudes d’audience des personnes interrogées en matière de consommation vidéographique et également de leurs attitudes vis-à-vis des différents types de vidéogrammes: équipement des ménages en magnétoscopes, raisons qui sont à l’origine de l’acquisition des appareils, profil des vidéophiles selon leurs comportements d’audience, raisons de l’abonnement (ou du non abonnement) à un vidéo-club, habitudes, lieux et contextes d’audience des programmes vidéo, les genres et la nationalité des vidéocassettes visionnées.

Les données de l’enquête permettent de noter le rapport étroit entre le pouvoir d’achat et l’équipement, déterminant la relation de certaines catégories sociales avec les différents supports. L'instruction joue un rôle fondamental dans les pratiques caractérisées par la sélectivité. De manière générale, le médium Tv focalise l'attention des sondés et entraîne des changements dans les habitudes des auditeurs vis-à-vis des médias, aggravant davantage la position de la fréquentation cinématographique et entraînant un effet de concurrence à l’encontre des télévisions nationales confrontées désormais à la concurrence de l’offre satellitaire.

L’auteur termine son étude en mettant l’accent sur l’écart entre la préférence et la pratique culturelle qui dénote la difficulté des différents médias nationaux à pouvoir répondre aux attentes des sondés. Il semble que l’offre est en-deçà des attentes des enquêtés qui préfèrent avoir recours à des éléments de substitution pour compenser le manque en matière d’information, de divertissement ou de savoir.

 

3. Problématique Audiovisuelle
La troisième partie de Diffusion et audience des médias audiovisuels insiste sur le fait que la réalité du produit audiovisuel au Maroc est celle d’un pays accordant un intérêt simple et des moyens très réduits aux secteurs du cinéma et de la télévision dépendant presque entièrement de l’extérieur. Le marché local de la production audiovisuelle, tel qu’il se présente, est la conséquence directe d’une politique de production fondée sur les aléas de la conjoncture et sur l’improvisation, alors qu’elle devait supposer surtout une conduite objective, basée sur la continuité et une programmation rationnelle. En effet, l’inadéquation entre l’offre de la télévision nationale et les attentes des auditoires s’accentue.

La télévision publique marocaine vit depuis le la fin des années 80 une période de double crise qu’accentue la concurrence des télévisions étrangères. Cette inadéquation explique l’engouement remarquable des foyers à s’équiper en matériels de réception satellitaire qui donne la liberté d’accès à une plus grande variété de programmes. Le volume et l’omniprésence de la production étrangère conduit à une désarticulation totale de la production nationale qui ne peut du reste soutenir la compétition du produit importé, transnational. L’argument économique constitue aussi un piège puisque le produit international, vendu à un prix compétitif, accroît la dépendance des télévisions nationales du marché international des biens matériels et renforce l’échange inégal entre pays du tiers-Monde et pays industrialisés.

 

Diffusion et Audience des Médias Audiovisuels de Moulay Driss Jaïdi, Editions Al Majal, Octobre 2000, 354 pages, 17 X 24, 100 Dh.

 
 


© 2001 - Maghrebarts.ma
info@maghrebarts.ma
BP 2523 RP 10 000 Rabat - Maroc