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Quand la Bande Dessinée Parle Marocain

 

Longtemps considérée comme un genre mineur, une sous littérature réservée aux enfants et aux adolescents, la bande dessinée (BD) est aujourd'hui reconnue comme un mode d'expression à part entière.

Véritable cinéma en papier, elle constitue, par sa forme attractive, un nouveau support qui s'incruste petit à petit dans le paysage culturel d'une société donnée.

Des classiques américains tels Mickey, Donald, Popeye ou Tarzan, ont laissé ainsi des traces indélébiles sur des milliers de jeunes de par le monde. Même les adultes trouvent du plaisir à lire des BD parmi lesquels les Rahan, les Batman ou encore les Superman.

En Europe les personnages célèbres ne manquent pas. La Belgique, à titre d'exemple, a donné à la bande dessinée quelques uns de ses plus grands maîtres: Hergé, le créateur du fameux Tintin, ce petit reporter et voyageur infatigable toujours en quête d'aventures. «Astérix et Obélix», l'irréductible gaulois qui tient tête aux envahisseurs romains, inscrit la France dans la cour des grands. Grâce au tandem Uderzo (dessins) et Goscinny (textes), cette BD a connu un essor sans précédent.

A l'heure actuelle, les nouveaux bédéistes ont troqué leurs traditionnelles bandes dessinées contre des japonaises: «Dragon Ball Z» et autre «Manga» qui ont séduit des millions de jeunes dans le monde.

Cette exploration dans les BD étrangères s'avère nécessaire pour effleurer le monde imagé de la BD marocaine. Où la situer? Si l'on s'en tient à quelques ouvrages parus récemment, il n'est pas excessif de penser que cet art est sur la bonne voie.

"Plutôt à mi chemin", rétorque Abdelaziz Mourid, auteur de deux BD "On Affame bien les Rats" et "Le coiffeur", en précisant que "le coût excessif pour réaliser une bédé typiquement marocaine et le manque de soutien en sont les principaux freins".

Malgré les obstacles, l'idée lui est venue de lancer un magasine: «Bled'Art». Il regroupe une vingtaine de jeunes dessinateurs issus de l'École des Beaux Arts de Casablanca. Ils dessinent leurs planches en arabe ou en dialecte marocain.

Ces jeunes décrivent la réalité marocaine dans "Antar, le Mercenaire du Désert" ou "La Bande à Moustafa" avec un esprit et des techniques puisés du 'Manga". Malheureusement, cette expérience qui était encore à ses balbutiements n'a pas pu survivre faute de moyens. Sur une note optimiste, ce dessinateur passionné évoque le travail que fait l'Institut National des Beaux Arts de Tétouan qui a le mérite d'organiser un festival dédié à la bande dessinée.

Il a pour vocation de créer un espace d'échange entre des dessinateurs et des éditeurs de bandes dessinées, marocains et étrangers.

L'institut dispose également d'un département pour former des étudiants au B.A.-BA de la bande dessinée. Il publie «CHOUF», premier magazine marocain spécialisé dans ce domaine. 

Abdelaziz Mourid, ancien détenu reconverti au journalisme, souhaite qu'un éditeur s'occupe de la traduction de son "Coiffeur" en langue amazighe afin de faire profiter une frange plus large de jeunes.

Il est actuellement sur un nouveau projet qu'il compte publier prochainement. C'est l'adaptation du roman de Mohamed Choukri, "Le pain nu" en bande dessinée. Sur le même registre, Mohamed Nadrani a sorti, en avril dernier à Casablanca, une BD intitulée "Les sarcophages du Complexe, disparitions forcées", un récit sur les années de plomb.

C'est également par le dessin et les bulles que Youssef Daoudi a signé, en septembre dernier, sa première bande dessinée "La vie est Dégueulasse", adaptée de la Trilogie noire de Léo Malet, auteur français de romans policiers. Il prévoit la sortie de deux autres opus en 2006 et 2007.

L'Institut Royal de la culture amazighe (IRCAM) a publié récemment "Tagellit Nayt Ufella" (La reine des hauteurs), une bande dessinée en langue amazighe. Elle est réalisée par Meryem Demnati, universitaire et chercheur pour laquelle l'œuvre vient combler un vide ressenti dans ce domaine. Les dessins illustrent les valeurs de solidarité, de liberté et de patriotisme.

La première collection de bande dessinée baptisée "Raconte-moi la Nouvelle Moudawana" vient enrichir la liste des publications dans ce domaine. Initiée par l'Association Leadership Féminin, cette BD a été livrée dans un arabe dialectal simple pour faciliter au citoyen marocain la compréhension et l'assimilation de ces mesures juridiques. La version française est destinée essentiellement aux jeunes marocains résidents à l'étranger.

Déjà aux alentours de 1993 est née "Histoire du Maroc en bandes dessinées". Trois albums revisitant l'histoire du Maroc de la période préhistorique à 1961, ont ainsi été réalisés pour faire ressusciter, dans une ambiance de couleurs, la richesse de notre histoire nationale et de notre civilisation. Co-écrite par Mohamed et Wajdi Maazouzi, cette collection est illustrée par le dessinateur marocain Ahmed Nouaiti. Ce patchwork dans le paysage culturel marocain montre les prémices d'un nouveau genre qui se fraye son chemin dans les mœurs marocaines.

Ces premières BD promettent certainement un bel avenir. Pour les jeunes, le talent est là. Ils n'attendent qu'un encouragement des éditeurs surtout pour prendre leur envol au Maroc et non pas sous d'autres cieux.

Najiba Bellamine

Voir également:

Les Sarcophages du Complexe: De la Politique à la BD

Un Plaidoyer pour la BD à Tétouan

Le 2e Festival de la Bande Dessinée à Tétouan

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