Maghrebarts Home

 


   Arts Visuels

Cinéma
Théâtre
Musique
 Médias
Arts Plastiques

Photo & Arts Visuels

News
Agenda
Création
Festivals
Dossiers
Liens

abonnement newsletter

Envoyez un email sans changer le sujet
 

annoncer vos activités

s.adil@maghrebarts.ma
 
insérer une publicité

adv@maghrebarts.ma

 

L'artiste photographe Abderrahmane Doukkane (vit et travaille à Casablanca) met en valeur notre imaginaire créatif, en libérant l'acte photographique de la représentation iconique. La richesse de notre environnement spatial lui donne beaucoup de possibilités et fait grandir le champ de son imagination et le jardin de son regard.

Fragments portés, ses œuvres photographiques se veulent une métaphore de la nature à l'état brut. Il s'agit d'une écriture qui se traduit selon une infinité de traces et d'impressions. Elles prennent le caractère d'une œuvre plastique, d'une trace purement symbolique dont le thème focal est les effets et les empreintes de l'eau sur les choses naturelles en l'occurrence les racines et les troncs des arbres, les pierres rocheuses et le sol argileux…

Chez cet artiste et reporter photographe, l'art commence où finit l'imitation. La présence de la matière stimule la réceptivité du récepteur avisé qui possède la capacité de voir l 'extérieur , ou l'intérieur , ou même les deux à la fois pour ressentir l'espace indéfinissable.

A. Doukkane rend perceptible la rhétorique de l'eau, ses métamorphoses et ses rapports organiques avec le temps et l'espace. Il incombe à l'esthétique d'en tirer les conclusions, ce qui est un travail de synthèse, qui conduit aux révélations intérieures - autant que le permet chaque fragment imagé.
La réalité non analogique s'inscrit dans l'histoire de l'homme et la nature. Elle se présente d'une manière indicielle comme une correspondance intérieure d'une combinaison de formes brutes avec des vibrations libres obtenues systématiquement grâce à un minimum de genèse où l'excentrique est accentué par des surfaces en pleine formation.

La création chante le mystère de la nature et se présente comme métamorphose poétique du réel transfiguré par l'œil photographique dans un espace bidimensionnel( tableaux en photographie) et tridimensionnel ( sculpture en photographie) . L 'artiste développe ici un sens esthétique du raccourci qui renforce le pouvoir expressif de sa photographie métaphorique . Les images-référents sont traitées de manière fragmentaire et cérébrale , ce qui rythme les compositions et constitue des matrices de rhétorique.

La force plastique de ses travaux photographiques est indéniable. Elle est d'ordre sensuel et émotif. Ainsi sa démarche plastique prend sa source dans les traditions de la production visuelle et tout particulièrement celles liées à l'art vidéo, ce qui est une des caractéristiques essentielles de toute pensée créative.

Ajoutons aussi chez Doukkane une autre influence, qu'il a toujours reconnue comme présente en lui , celle des films documentaire sur les sites naturels et la mémoire tatouée des lieux vécus.

Sur son langage photographique, il confie à Libé : " la photographie est une approche synthétique qui dépasse les limites de la vision oculaire et atteint le lieu de l'unité de l'humain et du naturel. Chaque artiste doit élaborer son traité de la composition d'une façon précise, minutieuse et perfectionniste. J'essaie d'employer un vocabulaire visuel simple et accessible, particulièrement en ce qui concerne l'édification des formes à partir des éléments de base. L'eau génère la matière par son abandon et son accumulation. Dans la fluidité du langage photographique, la forme est le symbole de l'évasion , de l'être à l'autre. l'image imitatrice sort de ses limites et révèle la résonance des compositions spontanément captées. L 'objet doit se fondre dans la photographie artistique. L'eau est sujet et source de l'image. Il s'agit donc d'une image de rêve, traversée par les désirs les plus conscients. Une telle obsession relève d'une dimension métonymique marquée par un symbolisme saisi sur le vif. L'eau demeure un lieu maternel, une matrice et une source embryonnaire et énigmatique de la création. Il s'agit d'une actualisation de l'imaginaire collectif des traces qui sous-tend la vision naturaliste de l'artiste. L'eau et le temps mettent doublement les choses en valeur : en tant que désir et en tant qu'objet esthétique, ce qui appelle à une activité d'interprétation intense de la part du récepteur. "

ABDELLAH CHEIKH
31/01/2008

"L’eau comme trace photographique"
22 février - 7 mars 2008, Casa del Arte, Casablanca

 

Voir également:

Programmes des expositions et spectacles:Agenda

Retour page Arts Visuels

L'Eau comme Trace Photographique - Abderrahmane Doukkane

 

 

 

 


© 2001 - Maghrebarts.ma
info@maghrebarts.ma
BP 2523 RP 10 000 Rabat - Maroc