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Mellakh: Le Paradis des Signes

 

Mellakh poursuit un autre cheminement. C’est le signe qui fonde sa démarche et lui donne une spécificité. La couleur se faufile derrière un échafaudage caractéristique des symboles: l’œil, le triangle, et la main «khmissa». Le tout orchestré dans une ambiance, de «talisman» pour revaloriser une culture populaire ancrée. Il s’agit de construire un concept de peinture moderne, adapté au contexte culturel populaire. Cette tentative avec toute la gestion du risque de glissement qui en découle n’empêche nullement Mellakh d’obtenir des rendements plastiques étonnants. Le choix du signe n’est pas fortuit chez l’artiste. Il a évolué dans un environnement où le signe trône sur les murs et circule comme instrument visuel ou héros du récit.

Dans la prestigieuse ville convoitée de Marrakech, Mellakh a scruté les contours et la morphologie du signe en bas âge et en a été profondément marqué. Il a retourné le rêve pour le traduire en couleur et forme. De temps en temps, une colombe mue par un souci de liberté pointe à l’horizon et tente de vibrer derrière des fenêtres assoiffées certainement d’espoir. Elles vont s’étirer le plus loin possible à la cherche d’une lumière palpitante sous la houlette d’un bleu en cascade caressant le plumage doux et sage des colombes en attente.

Sur des structures de formes bien articulées, composées de motifs fétiches et de symboles, la notion de pendule qui se balance défiant le temps dans un espace illimité corrobore cette revendication de l’éternité du signe pour accepter une culture d’héritage dans un langage qui revendique de droit l’universalité. Plutôt sobres, les couleurs sont rendues crues avec moins de surcharge d’effets plastiques. Par moment, un chatouillement d’uniformité de la couleur s’empare du travail pour une prestation plus light. Ce dépouillement de l’oeuvre coïncide avec une réduction de l’appétit de la palette pour s’en tenir à l’essentiel.

L’artiste reste attaché, sans conditions, à ses origines culturelles. C’est au milieu des ruelles agitées et bien inspirées de Marrakech où l’animation s’adresse à tous les sens, que l’artiste a su maîtriser son rapport à l’espace. Il est tantôt ébloui par les graffitis et symboles tatouant les murs têtus, tantôt fasciné par les bottes de laines affranchies de couleurs foudroyantes.

Pour cette exposition, le recours à un gestuel plus spontané introduit une certaine fluidité. Il adoucit les lieux de ses grappes de population, de motifs et de signes constamment en friction sous le poids de leur mouvement rotatif et d’une lumière fortuite effleurant à peine les lieux. La lettre arabe vient perturber, en marge de toutes les matrices, ce dialogue éternel au sein du caractère paisible du champ du compromis plastique, comme un signe de contestation ou de manifestation d’authenticité.

Abelmajid Hannaoui
Casablanca, le 6/4/2005
 

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