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L'Impressionnisme Orientaliste de Katie Gabet

 

La notoriété de Katie Gabet est telle, dans le monde des amateurs avisés et des collectionneurs de peintures orientalistes modernes, qu'il est presque présomptueux de la présenter. De nombreuses expositions lui ont été consacrées dans des galeries importantes en Provence et sur la Côte d'Azur, et elle a également présenté ses œuvres avec beaucoup de succès aux Galeries d'Art Lawrence-Arnott de Tanger et de Marrakech.

Son Curriculum Vitae mentionne de nombreuses récompenses artistiques, les grands prix de plusieurs salons réputés dont, récemment, en 2002, celui du Salon des artistes rapatriés d'Antibes. Elle n'a plus rien à prouver! Son talent est unanimement reconnu! Sa réputation est solidement établie et ses tableaux sont très recherchés. Et si nous nous demandons pourquoi elle a connu un tel succès relativement tôt dans sa carrière, la réponse est simple: il s'agit d'une artiste-peintre talentueuse et expérimentée!
Gabet est l'une des artistes les plus émérites travaillant actuellement au Maroc, parmi les peintres fidèles à la tradition de l'impressionnisme orientaliste en plein air. Ses toiles sont caractérisées par de rapides coups de pinceaux et une utilisation délicate et éthérée d'une palette subtile de gris sourd, de mauve pâle, de bleu décoloré, d'ocre brun, mis en valeur par une utilisation parcimonieuse d'orange de cadmium, de bleu céruléen et de jaune de titane, pour donner naissance à des compositions harmonieuses et discrètes. Aucun rapport avec l'orientalisme trop travaillé du Second Empire et les tableaux correspondant aux goûts victoriens, ou, pire encore, les pastiches d'orientalisme en faveur auprès des nouveaux riches en pétrodollars des Etats du Golfe.
Nous découvrons au contraire dans ses œuvres une progression naturelle et cohérente, une évolution que l'on pourrait appeler “Orientalisme Lyautey”, cette école de peintres expatriés, d'origine principalement européenne, pétris de talent, qui aimaient le Maroc où ils s'étaient installés, et où ils travaillèrent sous le régime du protectorat, et qui ont si fidèlement peint ce Maroc d'autrefois, tout comme Gabet continue à peindre le Maroc d'aujourd'hui.
Les toiles de Gabet sont l'antithèse même d'un «Orientalisme de Studio». Elles ne sont pas soutenues par des accessoires criards achetés dans les bazars, ni par des odalisques obèses et demi-nues se détachant sur des tentures et des tapis trop voyants, mais par le blanc éclatant d'un simple haïk et les formes honnêtes de l'architecture traditionnelle, par les turbans et les djellabas colorés que touche le soleil, par les teintes de bleu-mauve du ciel marocain, les couleurs d'ambre subtiles et délavées des paysages, et par une composition d'une véracité naturelle.
Dans Marché arabe, un triomphe de l'impressionnisme qui est sans aucun doute le tableau central de l'exposition, Gabet représente une simple scène de marché, un moment figé dans le temps, et que sa nature même rend pourtant intemporel. Le premier plan est dominé par un groupe d'hommes assis, vêtus de djellabas flottantes; derrière eux se tiennent des commerçants représentés lors de leur sempiternel marchandage à propos du prix et de la qualité de leurs produits.
Exécuté principalement dans des tons de vert-mousse, de gris tourterelle, de bleu délavé, avec une utilisation rigoureusement contrôlée d'éclats de jaune de chrome et d'orange de cadmium qui force celui qui regarde le tableau à explorer toute la composition. Marché arabe est une œuvre simple et sereine parce qu'elle n'est pas seulement peinte à l'aide de couleurs à l'huile, mais aussi avec un génie véritable. Elle n'est gâchée par aucun dessous, ne s'appuie pas sur des accessoires culturels malhonnêtes qui seraient représentées dans l'unique intention de mettre un «O» majuscule à l'orientalisme de Gabet.
Elle ne dépeint pas seulement le Maroc d'autrefois, mais le Maroc d'aujourd'hui. Et c'est cette qualité intemporelle qui donne au tableau une qualité difficile à définir mais possédant indubitablement une pureté religieuse, de la même nature que le chef-d'œuvre de Bernard Boutet de Monvel (1881-1949) : le Marché aux couvertures à Marrakech.
Gabet cherche et trouve le réalisme dans la tonalité de sa palette par une observation rigoureuse de la réalité. Elle peint le Maroc tel qu'il est, dans ses vraies couleurs, plutôt que ce que l'on pourrait appeler l'atroce palette en «technicolor» qu'utilisent de trop nombreux dessinateurs inférieurs sous le prétexte que des tableaux exécutés dans la palette tapageuse du fauvisme mettra en valeur un sofa faux-Empire trop rembourrée et recouvert de soie rouge, ou une atroce fausse tapisserie d'Aubusson rose, commandée le mois précédent à Taiwan !
Quand Gabet utilise des couleurs primaires, elle le fait avec économie et c'est, de ce fait, une grande réussite. Dans marché sud Maroc, on voit au deuxième plan une construction en briques de boue séchée précédée d'arcades, contre laquelle se détachent des silhouettes vêtues de costumes traditionnels, accroupies ou debout, achetant et vendant en marchandant – quintessence d'une scène marocaine.
Le blanc éblouissant des gandouras est adouci par des ombres vert pâle, des paniers pleins de marchandises non distinguables sont simplement identifiés par des éclaboussures de couleurs vives et semblent se répandre pêle-mêle sur le sol.
Toute la scène est rendue avec un travail au pinceau si large et coulant librement, qu'il capture sans effort l'essence du mouvement et de la spontanéité des scènes de marché.
Gabet ne se laisse jamais distraire par ce qui est secondaire. Elle demeure tout à fait immunisée contre le réalisme de polaroid', la redoutée et défunte «école du trompe l'œil» qui sans relâche produit des peintures d'antiques jarres à beurre arabes, des murs lézardés et des portes ayant souffert des intempéries ! De telles œuvres ne nous apportent rien. Elles ne nous parlent pas d'endroits lointains ou de cultures exotiques.
Il est vrai qu'elles peuvent susciter une admiration momentanée pour la virtuosité technique de l'artiste qui a su dupliquer laborieusement, en plusieurs jours, ce qu'une petite boîte et une lentille reproduisent en peu de secondes, mais nous nous lassons rapidement de cette supercherie oculaire. On ne peut pas regarder la peinture d'un vase de Fès pendant très longtemps sans avoir envie de le fracasser, ni une porte fermée sans avoir envie de l'ouvrir!
Madame Gabet, au contraire, fascine celui qui regarde par la seule envergure de sa vision.
Ses peintures sont une porte magique pour pénétrer dans le Maroc d'autrefois et dans le Maroc d'aujourd'hui ! Nous avons envie d'aller voir au-delà du coin de ses rues et d'explorer ses paysages, d'écouter les conversations animées de ses vendeurs qui marchandent avec les passants, de chercher la bonne affaire sur ses marchés.
Qui n'aurait envie de s'attarder sous les fraîches arcades de Larache ou de regarder par-dessus l'épaule des chalands, dans Souk à Ouarzazate, pour découvrir ce qu'ils sont en train d'acheter ?
Lors de sa dernière grande exposition à Tanger, en août 2004, Katie Gabet cherchait à prouver qu'elle était l'une des meilleures artistes peintres néo-orientalistes impressionnistes expatriées, dans la meilleure tradition en plein air.
Dans l'exposition actuelle, non seulement elle justifie cette réputation, mais elle rehausse considérablement sa renommée d'artiste peintre de génie, une artiste qui est non seulement capable de discerner mais aussi de représenter l'indiscernable, l'essence même de l'âme du Maroc.


Andrew Clandermond
& Dr. Terence Maccarthy
(critiques d'arts)

"L’impressionnisme orientaliste en plein air" œuvres de l’artiste-peintre Katie Gabet voir article
13 décembre - 7 janvier 2006, galerie d’art Lawrence-Arnott, Tanger

 

Voir également:

Programmes des expositions et spectacles:Agenda

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