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Mohammed Drissi: Hommage à un Rêveur à Pinceau

 

La Galerie Delacroix de Tanger abrite une exposition rétrospective de l'oeuvre picturale de l'artiste peintre marocain Mohamed Drissi en signe d'hommage posthume à ce plasticien inclassable disparu dernièrement au faîte de son ébullition artistique.

  

Initiée par l'Institut français de Tanger Tétouan à l'occasion du 57ème anniversaire de feu Drissi, (né le 4 mai 1946), cette exposition qui regroupe une série de toiles, empruntées auprès de plusieurs collectionneurs marocains et étrangers, retrace les grands contours de l'oeuvre picturale de cet artiste hors du commun terrassé, le 8 janvier dernier à Paris, par une crise cardiaque, alors qu'il comptait mettre en place une série d'installations de pelles devant prendre place en face du Centre Beaubourg.

Au premier regard, l'oeuvre de Drissi s'apparente à un interminable imbroglio, une sorte d'incommensurable chaos qui, de par la force de ses couleurs, la fermeté de ses traits et la violence de ses formes ne saurait laisser indifférent, a indiqué son compagnon de longue date, le peintre Mohamed Lafkih Regragui.

Cette oeuvre, qui étonne et angoisse par son penchant prononcé pour le grotesque et le burlesque, la spontanéité de sa couleur et le tragique de son expression, laisse transparaître la brutalité d'une indicible pression, la vigueur d'une sorte d'inquiétude métaphysique, tant et si bien que la peinture de Mohamed Drissi est peuplée de corps androgynes, des corps qu'il essayait de dépouiller de leur chair et ne laisser que la peau sur les os avec des têtes toujours peintes sous forme de masques, laissant le récepteur coincé par ce paradoxe de vouloir rire et d'avoir peur, expliquait dans un entretien à la MAP, le critique d'art Mouline Laâroussi, au lendemain de la disparition de feu Mohamed Drissi.

Pour M. Laâroussi, l'oeuvre picturale du défunt reste inclassable et appartiendrait, toutefois, à un courant qu'on peut qualifier d'expressionniste quoique, pour mieux cerner le personnage et le travail de l'artiste, il dresse un parallèle entre Mohamed Drissi et le peintre italien Amedeo Modigliani (1884/1920) qui, en 1914, peignait des corps mais ne se positionne ni dans l'impressionnisme qui touchait à sa fin à l'époque, ni dans l'abstrait naissant, ni dans le cubisme qui dominait.

Et pour cause, l'oeuvre de Mohamed Drissi ne s'explique et ne s'éclaire que par sa vie: une vie ardente, confuse, tumultueuse, compliquée, relevait de son côté, le critique d'art français, Michel Lisbonis, arguant que la rudesse de la région nord du Maroc, dont il est originaire, lui a révélé la beauté de la vérité et, pour l'atteindre, Drissi n'a qu'un moyen: dessiner, peindre, sculpter.

"J'entends par là s'exprimer par signes, s'exprimer par des moyens plastiques, se manifester en communiquant ce qu'a enregistré son regard et s'est réfléchi dans son cerveau. La manière de le faire compte peu", explique-t-il.

A plusieurs égards, la vie de Drissi fut un songe, un poème toujours ébauché, jamais réalisé, une recherche profonde et incantatoire des secrets insaisissables de la vie. Il en cherchera la solution dans la multiplication des formes et des figures. Et c'est précisément dans cette tendance que s'inscrit aussi sa sculpture, comme l'écrivait Françoise Devalière, dans un livre qu'elle lui avait consacré, "Drissi joue avec le pinceau, avec les formes, avec les matériaux. Il construit, découpe, colle, soude, burine. L'important c'est la forme, celle qui existe et qu'on transforme (...). D'un arbre, il fabrique un homme qui marche."

Biographie de l'artiste
Né à Tétouan, le 4 mai 1946, Mohamed Drissi a entamé ses études à l'école des Beaux-arts de Tétouan, en 1963. En 1968, il est à l'école supérieure des Beaux-arts de Paris, puis à l'école supérieure des Beaux-arts S. Jorge de Barcelone, en 1970. En 1973, il étudie à l'école supérieure d'Arts et d'Architecture de Bruxelles, avant de rejoindre, en 1980, The School of visual arts de New York.

Tombé sous le charme de la ville sorcière de Tanger, après avoir exposé dans de nombreuses capitales européennes, il est devenu, dans son atelier, tour à tour, potier, ferronnier, ciseleur, taillandier, tanneur et tailleur.

A partir de 1981, il se consacre à la peinture, la sculpture et la gravure principalement. Spécialisé dans l'art thérapeutique, il obtient le 3ème prix à la 5ème exposition internationale du réalisme en Italie (Genova).


Maghrebarts avec MAP - juillet 2003

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