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Nymphes de délicatesse de Drissia Aouididden

 

D’une sensibilité intense, l’artiste ne peint pas pour purger son âme des tourments de son existence ou pour exprimer un mal être. Il n’est d’ailleurs pas question de mal ou de bien dans son approche picturale mais simplement d’expressions exacerbées de la vie. 

Une artiste libre… Insoumise à l’ordre établi au sein du jeune contexte artistique marocain, affranchie des normes peu permissives, limitatives et bridées, qui l’encombrent. Sa créativité n’a de limite que sa pudeur, nourrie de l’alliance d’une retenue mesurée et d’un don de soi immodéré, elle ne saurait résister au plaisir de s’offrir aux yeux du monde.

Sa solitude artistique se pose sur ses toiles dans une traînée de couleurs en mouvement, rythmées telle une partition. Toutes les forces s’y expriment y compris la sienne, la douceur faite force.

Un travail artistique qui éponge les ardeurs du temps et de l’espace, qui transforme ces tensions en une abstraction empreinte du déterminisme de l’artiste et des aléas de son humeur. Son art est abstrait car pour elle, son âme d’artiste s’épanouie dans cette lecture picturale qui se nourrit du regard de l’autre. L’abstraction donne à la toile autant de vies qu’elle croisera de regards. Elle se fait messagère de l’imaginaire.

Subversive sans être arrogante pour un sou, Drissia Aouididden vogue sur la vague artistique. Avec des matières et des couleurs dont elle puise l’inspiration aux quatre coins de la planète., elle joue comme jouent les artistes. Elle se pose peu de limites, où plutôt elle en brave celles qui cloisonnent son âme. Une artiste libre, vous dis je!

Samia Ait Tkassit
Sociologue
4 février 2009

 

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Drissia Aouididden Une œuvre scellée d’Absolu

 

Drissia Aouididden est née à Fès le 5 Juillet 1949. Après le collège, elle décide de rejoindre Casablanca pour être intégrée à la seule section des arts appliqués dont dispose le Maroc. C’est donc au lycée Al Khansa, qu’elle passe les trois ans que le cycle comprend, jusqu’au Bac. C’est que, dès toute petite, elle a la vocation du dessin et sa volonté presque de l’entêtement, de choisir cette voie ne la fait pas renoncer à l’arrachement à sa ville natale. L’élan est donné ; après le lycée Al Khansa, ce sera le CPR de Rabat (1971-1973) la section unique au Maroc. Elle sera Professeur d’arts plastiques…

Elle dessine et elle peint, car en fait elle est peintre. Elle a su trouver les voies secrètes qui vont de la ligne, qui pour elle est mouvement, à la couleur, qui pour elle, est d’abord explosion. Ces deux composantes majeures, le tandem ligne/couleur sautent aux yeux, quelque tableau d’elle que l’on regarde à quelque période qu’il appartienne.

… Son itinéraire est jalonné d’expositions (Casablanca à l’institut Goethe, Rabat et Kenitra à l’Institut Français, Agadir à l’hôtel Atlas Amadil, Meknès à la Préfecture…)

C’est ce qu’il est convenu d’appeler l’abstrait et qui, finalement deviendra le mode d’expression où notre artiste a le mieux, trouvé réponse à ses attentes. Elle a vite abandonné le figuratif - nécessaire à l’apprentissage de l’œil et de la main -…

Sans faire le procès du figuratif, elle pense qu’il limite l’imagination du spectateur et non celle du créateur. En fait dans ses tableaux, tout repose sur la réalité, on est libre de ne pas la reconnaître, on est tout aussi libre de reconnaître, perchées dans la brume, des flèches de cathédrale, que des cheminées d’usine atomique…

Ces éléments du réel appartiennent au monde de la marine avec des mats rejetés, des étraves élancées, des tempêtes, des ouragans, des tsunamis… Mais aussi des eaux vertes et calmes dans un bassin…

Ici, ce sont des vols d’oiseaux puissants, fléchés, aigus, la couleur et la ligne étant complémentaires de la même acuité. Là ce sont des magmas en fusion, des projections volcaniques, …

… elle a aussi besoin, peut être pour rééquilibrer son âme, de ces compositions paisibles, où comme des feuilles mortes flottent à la surface d’étangs.

Dans ces éléments du réel, figurés dans l’abstraction, ce qui est reconnaissable, ce sont les structures architecturales… et on reconnaît au premier coup d’œil un Aouididden entre mille. Cette facture énergique est une signature.

Parcourir cette œuvre, à la fois abondante et multiple, c’est passer d’une crête de vague à une autre, d’un monde en furie à un autre … C’est la matière en fusion qui en fait, ne pouvait trouver pour s’exprimer d’autres moyens picturaux que ceux mis en œuvre ici par cette exploratrice passionnée, soucieuse d’expérimenter toutes les possibilités de traduction du réel...

Jean Pierre Koffel
 

 

Nymphes de délicatesse" de Drissia Aouididden
8 décembre 1010 - 29 janvier 2011, Galerie Fan Dok, Rabat

 

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