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Propos recueillis par ABDELLAH CHEIKH

 

Mohamed Melehi
24 juillet au 7 août 2008,  Galerie Linéart, Tanger

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Mohamed Melehi: L'art doit être intégré dans la vie quotidienne

 

La Galerie Linéart à Tanger abrite l'exposition de l'artiste plasticien Mohamed Melehi du 24 juillet au 7 août 2008. Novateur humaniste attaché à retrouver les sources de son identité culturelle plurielle, Melehi (né en 1936 à Assilah) a marqué plusieurs générations d'artistes marocains.

De Tétouan à Séville, de Rome à New York et de Casablanca à Asilah, il s'est mis à l'écoute du monde, découvrant lesconvergences entre les arts traditionnels et ceux de la modernité la plus inventive.
Il est également co-fondateur avec Mohamed Benaissa du Moussem Culturel international d'Asilah et président de l'Association marocaine des Arts plastiques.

 

Entretien avec l'artiste peintre Mohamed Melehi:

Quelle est votre réflexion sur les rondeurs du corps qui s'harmonisent avec les ondes ?
Comme je l'ai souvent dit, l'onde a été pour moi un élément graphique plein de sensualité. Et bien sûr, quand on regarde le corps humain, on trouve qu'il est fait de rondeurs notamment le corps de la femme. C'est vrai, cette onde que j'ai toujours assistée dans mes tableaux était le signe de l'eau, le signe du feu et de la femme. Il y a une dynamique dans le signe lui-même. Ce signe graphique, une fois utilisé et garni de couleurs, crée une dynamique chromatique et visuelle. C'est tout un univers passionnant, à la fois symbolique et scriptural qui se présente comme un mélange harmonieux des formes et des tonalités via la vie des formes devenant l'essence même de l'oeuvre

Que représente pour vous cette nouvelle exposition individuelle à la ville de Détroit?

Je suis un artiste qui n'expose pas beaucoup. Si on parcourt ma biographie, on trouve que la fréquence d'expositions est très faible. Pour vous donner un exemple, ma première exposition individuelle à Tanger fut en 1958 et la troisième est celle qui a lieu actuellement à la Galerie Linéart, mais j'ai participé plusieurs fois à des expositions collectives.
Comment comptez-vous procéder pour dresser la situation critique des arts plastiques au Maroc? Pour éviter ce genre de problème, nous sommes censés de luter contre l'ignorance, en commençant par l'éducation à tous les nivaux. Il faut que les gens se documentent plus, lisent plus et se renseignent plus. les organismes étatiques de tutelle doivent multiplier les efforts pour créer des centres et des lieux qui permettent aux gens d'aller voir ce qui est bien et bon , tout en ayant le courage aussi de signaler ce qui est mauvais. Ce qui se passe maintenant au Maroc, toute personne qui se dit je suis peintre est automatiquement admis dans la famille des peintres. Et ça, c'est grave ! Les galeries doivent jouer un rôle important. Elles ne sont pas seulement un centre de vente. Elles sont des centres qui orientent le public, tout en gagnant de l'argent. Le public marocain aujourd'hui devrait se munir de modestie, de clairvoyance et d'une ardeur de savoir. Le malheur chez nous, tout le monde se croit qu'on sait tout, parce qu'on a peur de faire figure ignorant devant l'autre. On n'a pas encore créé au Maroc des gens responsables dans les domaines de la science et de l'art qui auront le courage de confirmer leur manque de connaissance.

Quel est le rôle de l'artiste dans l'espace urbain?

Malheureusement, les structures étatiques ne permettent pas à l'artiste de jouer son rôle dans l'espace urbain. Parallèlement à mon œuvre picturale, j'ai bien réfléchi au rôle de l'artiste dans l'espace urbain, en intervenant à l'étranger où j'ai habillé les façades de bâtiments en France. Je cite également mes fresques murales dans la belle ville d'Asilah, ma ville natale, ou la sculpture monumentale réalisée pour les Jeux Olympiques du Mexique de 1968 ou encore le Mémorial Mohamed V à l'entrée d'Asilah, un chef d'œuvre mesurant 15 mètres de haut réalisé en 1989.
Je n'ai pas cessé d'impulser une dynamique à la création marocaine au pluriel, en mettant l'accent sur la nécessaire corrélation à installer entre la création et la société .De même j'ai beaucoup insisté sur l'importance cardinale à accorder à l'art et à la culture pour relever les défis du développement humain.
Tout en approfondissant ma pratique plastique, j'ai expérimenté plusieurs domaines pour fonder un art contemporain marocain. 0n peut peindre autrement : l'architecture, l'activité culturelle, le graphisme, l'édition, le design, autant de champs d'intervention .L'art doit être intégré dans la vie quotidienne dont l'artiste est en perpétuelle recherche de styles et de manières d'agir dans la cité.

Regard sur les arts plastiques au Maroc...

La situation artistique au Maroc est bonne dans le sens qu'elle est florissante. Elle exige un regard et une attention particulière. Dans les années soixante, nous étions un nombre d'artistes qu'on peut compter sur les bouts du doigt. Alors, qu'aujourd'hui, ce nombre dépasse les cinq cent ou six cent voire plus. Un facteur à signaler, c'est le nombre de femmes artistes qui est grandissant .Il y a une floraison .Mais ça ne veut pas dire que les choses sont dans un bon état parce que l'école picturale au Maroc a l'aspect d'une foule où les perturbateurs et les médiocres peuvent trouver place. C'est une réalité à la quelle la plupart des marocains ne font pas attention du fait qu'ils ignorent le parcours visuel au Maroc. Ils oublient aussi le fait que nous suivons la tradition européenne. La peinture qui se fait au Maroc a ses racines en Europe. Elle n'a rien de marocain. Mais, elle peut avoir des aspects et des parfums marocains qui restent à déceler. Il faut que les marocains se mettent dans la tête, c'est que l'art contemporain est la suite d'une tradition européenne. A mon sens, le public marocain doit avoir une connaissance meilleure de l'histoire de l'art et notamment celle du 19ème siècle et du 20ème siècle. Autrement, on est perdu. J'insiste sur l'importance de l'information artistique au sein de la société pour optimiser la communication et la médiation entre l'artiste peintre et son public. La faiblesse des infrastructures et l'absence d'une éducation artistique entravent le développement de l'art plastique au Maroc. Néanmoins, nous restons toujours dans un pays reconnu dans la scène arabe et méditerranéenne par sa création, par le courage de ses artistes et par la noblesse de la facture.

 

 
 

 


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